169 morts dans une attaque armée au Soudan du Sud

Rédaction: Tendai Zola
Au moins 169 personnes ont été tuées lors d’une attaque armée menée par des dizaines de combattants contre une localité de la région administrative de Ruweng Administrative Area, au South Sudan, ont annoncé les autorités locales. Il s’agit de l’un des épisodes de violence les plus meurtriers enregistrés dans le pays ces derniers mois.
Selon le ministre de l’Information de la région, James Monyluak Mejok, des hommes armés venus du comté de Mayom, dans l’État voisin de l’Unité, ont attaqué dimanche le comté d’Abiemnhom. Le bilan fait état de 90 civils tués, dont des femmes, des enfants et des personnes âgées, ainsi que 79 soldats gouvernementaux.
Des dizaines de blessés et des enterrements collectifs
L’attaque a également fait une cinquantaine de blessés, dont plusieurs responsables locaux. La ministre de la Santé de Ruweng-Nord, Elizabeth Ashol, a indiqué que toutes les victimes avaient été enterrées dans une fosse commune lundi, tout en avertissant que le bilan pourrait encore s’alourdir avec la découverte d’autres corps.
Les autorités locales ont qualifié l’attaque de « politique d’extermination » et ont appelé l’État de l’Unité à identifier et juger les responsables.
Inquiétudes internationales
La United Nations Mission in South Sudan (UNMISS) a exprimé sa vive inquiétude face à l’escalade de la violence dans la région d’Abiemnhom. La mission a indiqué avoir accueilli plus de mille civils dans sa base pour leur offrir une protection temporaire, tout en apportant des soins médicaux d’urgence aux blessés.
Une violence persistante dans le pays
Cette attaque intervient alors que d’autres régions du pays connaissent également une montée des tensions. Dans l’État de Jonglei, l’organisation Médecins Sans Frontières a signalé la disparition de 26 de ses employés après de violents affrontements.
Ces événements ravivent les craintes d’une nouvelle détérioration sécuritaire au Soudan du Sud, malgré l’accord de paix signé en 2018 entre le président Salva Kiir et son rival Riek Machar, censé mettre fin à une guerre civile qui avait fait près de 400 000 morts.
Depuis son indépendance en 2011, le pays reste fragilisé par des conflits internes, la pauvreté et des rivalités politiques persistantes.



