Human Rights Watch demande une enquête sur le bombardement d’une école en Iran

8 mars 2026

Rédaction : Aya Selene

L’organisation Human Rights Watch a appelé à l’ouverture d’une enquête internationale sur un possible crime de guerre après le bombardement d’une école primaire dans la ville de Minab, dans le sud de Iran.

L’attaque, survenue le 28 février, aurait causé la mort de plus de 165 personnes, dont une majorité d’enfants, selon les informations recueillies par l’organisation.

Dans un rapport publié samedi, Human Rights Watch estime que la nature des frappes suggère l’utilisation de munitions de précision. L’organisation souligne que l’école, bien qu’elle se trouve dans un complexe appartenant au Corps des gardiens de la révolution islamique, était séparée des installations paramilitaires par un mur et disposait d’une entrée indépendante, ce qui ne la rendrait pas pour autant une cible militaire légitime.

Selon l’enquête de l’organisation, l’analyse d’images satellites, les évaluations d’experts et certaines déclarations de responsables américains, ainsi que des informations publiées par les armées américaine et israélienne, indiquent que l’explosion aurait probablement été causée par des frappes aériennes américaines, dans le cadre des centaines d’attaques menées ce jour-là par les États-Unis et Israël contre l’Iran.

La chercheuse Sophia Jones a déclaré que l’attaque nécessitait une enquête urgente et approfondie, notamment pour déterminer si les responsables de la frappe savaient qu’une école remplie d’enfants se trouvait sur le site au moment de l’attaque.

Human Rights Watch affirme avoir examiné 14 vidéos et images diffusées après la frappe, ainsi que des photographies satellites couvrant plus de 25 ans, des images récentes du site et du cimetière voisin, en plus de données officielles du Croissant-Rouge iranien et de déclarations de responsables en Iran, aux États-Unis et en Israël. L’organisation indique toutefois que les coupures d’Internet et les restrictions de communication en Iran ont limité l’accès direct aux témoins et aux familles des victimes.

L’analyse des images satellites montre que huit bâtiments du complexe ont été directement touchés, dont l’école, et que les points d’impact correspondent à l’utilisation de munitions guidées de haute précision.

L’organisation estime également que certaines infrastructures du complexe, dont la fonction militaire n’était pas clairement identifiable, auraient pu exposer les civils à des risques inutiles, ce qui constituerait une violation du droit international humanitaire.

Human Rights Watch appelle les États-Unis et Israël à évaluer leur responsabilité dans l’attaque, publier les résultats de leurs investigations et garantir la reddition de comptes, y compris des poursuites en cas de crimes de guerre avérés, ainsi que l’indemnisation des victimes.