Selon The Times, Poutine tire profit de la guerre en Iran sans y participer

Rédaction : Aya Selene
Le président russe Vladimir Poutine apparaît comme l’un des principaux bénéficiaires de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, malgré l’absence d’implication militaire directe de Moscou, selon une analyse publiée par le journal The Times.
Au début de l’offensive lancée par le président américain Donald Trump, plusieurs observateurs estimaient que la situation pourrait fragiliser la Russie sur la scène internationale, notamment après une série de revers concernant certains de ses alliés, dont le Venezuela et la Syrie. La perspective d’un affaiblissement de Téhéran faisait craindre une nouvelle perte d’influence pour Moscou.
Cependant, cette dynamique s’est inversée. Le maintien du régime iranien, malgré les frappes et la perte de figures importantes, ainsi que sa capacité à présenter le cessez-le-feu comme une forme de victoire politique, ont contribué à renforcer la position du Kremlin. Moscou a rapidement adopté ce discours, consolidant son image de partenaire fiable de l’Iran face aux pressions occidentales.
Des rapports évoquent également un soutien technique et en matière de renseignement de la Russie à Téhéran, illustrant un approfondissement de leur coopération stratégique.
Sur le plan économique, la Russie a bénéficié de la hausse des prix du pétrole et des matières premières, provoquée par les perturbations des marchés mondiaux. Cette évolution a permis d’accroître ses revenus, d’autant plus que ses exportations restent moins dépendantes des routes maritimes sensibles du Golfe.
La guerre a également mis en évidence des divisions au sein de l’OTAN, notamment après les menaces de retrait formulées par Donald Trump. Ces tensions ont été perçues par Moscou comme un signe de fragilité du bloc occidental et une opportunité de renforcer son discours sur un ordre international en mutation.
Le négociateur russe Kirill Dmitriev a ainsi évoqué de « profondes divisions » entre les États-Unis et leurs alliés européens.
Par ailleurs, l’engagement américain dans ce conflit a eu des répercussions indirectes sur le front ukrainien. Selon l’analyse, l’utilisation accrue de systèmes de défense aérienne pourrait réduire les capacités de soutien à l’Ukraine, affaiblissant la position du président Volodymyr Zelensky face à la Russie.
Malgré ces gains sur la scène internationale, l’article souligne que Vladimir Poutine reste confronté à des défis internes, notamment économiques et liés à la poursuite du conflit en Ukraine, ainsi qu’à une érosion relative de sa popularité.
En conclusion, le bilan global apparaît favorable au Kremlin, qui aurait su tirer parti des conséquences du conflit pour renforcer son influence, tout en évitant les coûts d’un engagement militaire direct.



