Ouragan Melissa : la Jamaïque isolée et dévastée, l’aide humanitaire peine à atteindre les sinistrés

2 novembre 2025

Rédaction : Widad WAHBI

La Jamaïque vit l’une des pires catastrophes naturelles de son histoire récente après le passage de l’ouragan Melissa, classé en catégorie 5, qui a frappé le sud-ouest du pays mardi avec des vents atteignant 295 km/h. Ce cyclone, parmi les plus puissants jamais enregistrés dans l’Atlantique, a détruit jusqu’à 90 % des bâtiments dans certaines zones et coupé la Jamaïque du reste du monde.

La ville côtière de Black River, qualifiée d’« épicentre de la tempête » par le gouvernement, offre aujourd’hui un spectacle de désolation : forêts de bambous arrachées, routes bloquées et infrastructures en ruine. Sur la route reliant la capitale à la côte sud, des soldats dégagent encore les débris à la machette pour rétablir la circulation.

Selon les premières estimations, au moins 19 personnes ont perdu la vie en Jamaïque et 31 autres en Haïti voisine, déjà fragilisée par des crises politiques et humanitaires.

Sur place, la situation reste dramatique : plus de 60 % du pays est toujours privé d’électricité, et près de la moitié des réseaux d’eau sont hors service. Les habitants de Black River, épuisés et affamés, tentent de survivre dans un paysage apocalyptique. Les commerces locaux, dont les stocks ont été endommagés par les inondations, distribuent gratuitement les denrées restantes.

L’aide internationale tarde à arriver. Les hélicoptères survolent les zones isolées pour larguer vivres et médicaments, tandis que les secours s’efforcent de rouvrir les axes routiers et d’évaluer les dégâts. Dans les rues inondées, un mélange boueux d’eau de mer, de sable et de débris recouvre les voitures et les maisons éventrées, laissant flotter une odeur persistante de destruction.

Avec des rafales et une pression atmosphérique record, l’ouragan Melissa s’impose déjà comme un symbole de la violence climatique croissante qui frappe les Caraïbes. Les autorités jamaïcaines appellent à une mobilisation d’urgence pour répondre à une catastrophe dont les répercussions risquent de durer des mois.