Mozambique : TotalEnergies relance son projet de gaz naturel liquéfié après cinq ans d’arrêt

30 janvier 2026

Rédaction : Aminata Diallo

Le groupe énergétique français TotalEnergies a annoncé, jeudi, la reprise des activités de son projet de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le nord du Mozambique, mettant fin à une suspension de cinq ans décidée après une attaque armée meurtrière et des accusations de violations des droits humains.

Considéré comme le plus vaste projet de GNL en Afrique, le chantier avait été interrompu en 2021 à la suite d’une offensive menée par des groupes armés dans la province de Cabo Delgado. Lors de la cérémonie de relance, à laquelle a assisté le président mozambicain Daniel Chapo, le directeur général de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a déclaré que la période de « force majeure » était désormais levée et que le projet entrait dans une nouvelle phase opérationnelle.

Selon le groupe, les travaux devraient s’accélérer au cours des prochains mois. Une première unité maritime est déjà en activité, tandis qu’environ 4 000 travailleurs sont actuellement mobilisés sur les chantiers terrestres et offshore. L’état d’avancement global du projet est estimé à 40 %, avec une mise en production initiale du GNL prévue pour 2029.

Accusations et controverses persistantes

En 2024, le média Politico a publié une enquête affirmant que des soldats mozambicains déployés dans la zone de concession du projet auraient commis de graves exactions entre juin et septembre 2021. Les accusations évoquent notamment des actes de torture, de privation alimentaire, d’exécutions sommaires et de disparitions forcées, visant environ 200 personnes.

À la suite de ces révélations, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont annoncé, en décembre 2025, le retrait d’un soutien financier d’environ 2,2 milliards de dollars. Un rapport officiel néerlandais a confirmé plusieurs éléments de l’enquête journalistique.

TotalEnergies a rejeté ces accusations, affirmant que ses investigations internes n’ont mis en évidence aucune violation des droits humains. Les autorités mozambicaines ont également nié toute implication de leurs forces de sécurité dans des crimes de guerre. En France, toutefois, l’affaire a suscité des critiques politiques, plusieurs parlementaires réclamant des éclaircissements sur les dispositifs de sécurité mis en place par l’entreprise dans les zones de conflit.

TotalEnergies détient une participation de 26,5 % dans le consortium chargé du projet, qui pourrait générer des exportations de plusieurs milliards de dollars. Malgré cette relance, les défis sécuritaires liés à l’insurrection armée dans le nord du Mozambique demeurent une préoccupation majeure.