Le Kenya accorde une amnistie à ses ressortissants engagés dans la guerre en Ukraine

Rédaction :Sekou Kagné
Le Kenya a annoncé l’octroi d’une amnistie à ses ressortissants ayant participé illégalement aux opérations militaires russes en Ukraine, à la suite d’un accord conclu avec la Russie visant à mettre fin au recrutement de citoyens kényans.
Cette décision intervient après des consultations diplomatiques menées à Moscou entre le ministre des Affaires étrangères kényan Musalia Mudavadi et son homologue russe Sergueï Lavrov. Les discussions ont porté sur l’augmentation du nombre de Kényans recrutés via des réseaux informels, qualifiés d’exploitants par Nairobi.
Selon la législation kényane, l’engagement dans une armée étrangère est interdit sans autorisation officielle ou double nationalité, et peut entraîner des peines allant jusqu’à dix ans de prison. Toutefois, les autorités ont choisi une approche d’amnistie pour les ressortissants concernés.
Dans le cadre de l’accord, la Russie s’est engagée à inscrire le Kenya sur une « liste d’exclusion », interdisant tout nouveau recrutement de ses citoyens. Le texte prévoit également la possibilité pour les combattants kényans de quitter les opérations militaires et de rentrer dans leur pays, ainsi qu’un accès consulaire pour les blessés, afin de faciliter leur rapatriement ou celui des dépouilles.
Les autorités estiment qu’environ 252 Kényans ont été recrutés, dont 44 ont déjà été rapatriés. Onze personnes auraient été tuées ou portées disparues, tandis que 38 sont actuellement hospitalisées en Russie. Environ 160 ressortissants resteraient engagés dans les combats.
Parallèlement, Nairobi a annoncé un renforcement de la coopération avec Moscou pour lutter contre les réseaux de trafic et de recrutement illégal liés au conflit. Une campagne nationale de sensibilisation, baptisée « Linda Mkenya Majo » (protéger le citoyen kényan à l’étranger), a également été lancée afin d’informer sur les opportunités légales à l’étranger et les risques associés aux recrutements clandestins.
Cet accord marque une tentative de contenir les répercussions de l’implication de citoyens kényans dans un conflit extérieur, tout en soulevant des interrogations sur la capacité des autorités à lutter efficacement contre les réseaux de recrutement liés aux crises internationales.



