Nigeria : l’opposition dénonce l’annulation des dettes de la compagnie pétrolière nationale

5 janvier 2026

Rédaction: Africa Eye

L’opposition nigériane a vivement critiqué la décision du président Bola Ahmed Tinubu d’annuler les dettes accumulées par la Nigerian National Petroleum Company (NNPC), estimant que cette mesure est anticonstitutionnelle et préjudiciable aux finances des États et des gouvernements locaux.

Dans un communiqué, le Congrès démocratique africain (ADC), principal parti d’opposition, a indiqué que près de 96 % des dettes libellées en dollars et 88 % de celles libellées en nairas auraient été effacées par décision exécutive, sans approbation du pouvoir législatif. Selon le porte-parole national du parti, Malam Bolaji Abdullahi, cette démarche constitue une violation manifeste de l’article 162 de la Constitution nigériane, relatif à la répartition des recettes publiques.

L’ADC accuse le président Tinubu de multiplier les entorses à la Constitution et déplore le silence de l’Assemblée nationale face à ce qu’il qualifie de « violation grave » des dispositions constitutionnelles. Le parti met en garde contre les répercussions économiques de cette décision, soulignant qu’elle pourrait affaiblir les ressources financières destinées aux États fédérés et aux collectivités locales.

De son côté, la présidence a validé l’annulation de dettes anciennes enregistrées au nom de la NNPC, comprenant notamment des obligations liées aux contrats de partage de production, aux exigences d’approvisionnement local, aux redevances et à d’autres arriérés cumulés.

Selon des documents officiels, la mesure porte sur l’effacement d’environ 1,42 milliard de dollars et 5,57 billions de nairas, à l’issue d’un processus de règlement avec les autorités de régulation, pour des engagements accumulés jusqu’au 31 décembre 2024.

Cette controverse intervient dans un contexte de difficultés économiques persistantes au Nigeria, où la gestion des ressources pétrolières et leur répartition entre les différents niveaux de gouvernance font l’objet de débats soutenus. La décision présidentielle a ainsi ravivé les tensions politiques et constitutionnelles autour de la gouvernance financière du pays.